Deux légendes
mars 22, 2009
Celle de Guanyin, bodhisattva qui s’incarna en princesse : elle refusa de se marier et devint nonne dans un monastère bouddhique ; son père, furieux, fit incendier le monastère, mais elle parvint à s’échapper. Son père étant tombé malade et ne pouvant être sauvé que par quelqu’un qui sacrifierait un de ses yeux et une de ses mains, Guanyin s’arracha un oeil et se trancha une main. Bouleversé de remords, son père la reconnut et elle lui apparut alors sous sa véritable forme de bodhisattva compatissante aux mille yeux et aux mille mains.
Celle du Bouvier et de la Tisserande : le Bouvier, chassé de chez son frère, entendit son buffle parler et lui dire de se rendre au bord d’un certain lac où il verrait des fées célestes se baigner. Il cacha les vêtements de l’une d’elles, fit ainsi sa connaissance et l’épousa. Le couple eut deux enfants. Mais un jour, la Reine Mère du Ciel vint rechercher la fée, car c’était la Tisserande qui brodait les nuages du couchant. Quand le Bouvier revint, le soir, sa femme avait disparu et ses deux enfants étaient en pleurs. Entre-temps, le buffle était mort mais, avant de mourir, il avait recommandé au Bouvier de garder sa peau et de la mettre sur ses épaules s’il voulait qu’un de ses voeux se réalise. Le Bouvier mit donc la peau sur ses épaules, plaça chacun de ses enfants dans un panier aux deux bouts d’une planche, demanda à rejoindre sa femme et s’éleva dans le ciel. Quand la Reine Mère du Ciel vit qu’elle allait être rattrapée, elle tira une épingle à cheveux de son chignon et traça un trait dans le ciel ; ce fut l’origine de la Voie lactée et, dès lors, le Bouvier et la Tisserande sont devenus deux constellations séparées par la Voie lactée ; heureusement, le septième jour du septième mois lunaire, les pies forment un pont pour permettre aux amants de se rejoindre.
Passagère du silence, F.Verdier, 2003